AMOURS, DÉLICES, ETC


Orgues #23 & 24 — ( Esquisse sur carton  format raisin ; dessin 40X55 cm)
Orgues du bout — ( Encre sur carton  format raisin ; dessin 40X55 cm)
"Que chercher parmi les mortels, lorsque tu joues de l’orgue et eux du pipeau ?"
 E.M.Cioran (1911-95)
Orgues de papier — ( Encre sur carton  format raisin ; dessin 40X55 cm)

Orgues de la jungle — ( Esquisse sur carton  format raisin ; dessin 40X55 cm)
Orgue solitaire — ( Encre sur carton  format raisin ; dessin 40X55 cm)
Orgues du soir — ( Encre sur carton  format raisin ; dessin 40X55 cm)
Orgues des ruines — ( Encre sur carton  format raisin ; dessin 40X55 cm)
Orgues secrètes, c'est parti ! — ( Encre sur carton  format raisin ; dessin 40X55 cm) 
Orgues de rive — ( Encre sur carton  format raisin ; dessin 40X55 cm) 

Orgues du rêve — ( Encre sur carton  format raisin ; dessin 40X55 cm)
Orgues de derrière — ( Encre sur carton  format raisin ; dessin 40X55 cm)

Orgues de fête— ( Encre sur carton  format raisin ; dessin 40X55 cm)

Orgues d'amour — ( Encre sur carton  format raisin ; dessin 40X55 cm)
 
Orgues des cavernes — ( Encre sur carton  format raisin ; dessin 40X55 cm)
Orgues du fleuve — ( Encre sur carton  format raisin ; dessin 40X55 cm) 
Orgues en l'île — ( Encre sur carton  format raisin ; dessin 40X55 cm)
Orgues du dedans — ( Encre sur carton  format raisin ; dessin 40X55 cm) 


Orgues du bas— ( Encre sur carton  format raisin ; dessin 40X55 cm) 
 
 
Orgues du désert— ( Encre sur carton  format raisin ; dessin 40X55 cm) 
Orgues fatales — ( Encre sur carton  format raisin ; dessin 40X55 cm) 
Orgues de brume ( Encre sur carton  format raisin ; dessin 40X55 cm) 
Forêt d'orgues / Orgues de plage — Encre (plume) sur carton — 40x55cm
Forêt d'orgues —  Encre (plume) sur carton — 40x55cm
Orgues de mer —  Encre (plume) sur carton — 40x55cm
Orgues du matin—  Encre (plume) sur carton — 40x55cm



Orgues — Une série de Vincent Marco (un texte de Sansón Carrasco traduit par VM)


Connaissez-vous Vincent Marco ?

Pour ceux d’entre nous qui, comme moi, avons vécu au cœur du monde au début des années 2000, la question est : lequel ?


Le rockeur dont la réputation éclipsait celle de Bertrand Cantat dans les caves nocturnes où se forgeait le meilleur du rock français de l’époque ? Le mannequin de sous-vêtements scandinave ? L’érudit dessinateur de BD ? Ou l’imposteur qui prétendait être lui ? Et je dirais tous, sauf cet imposteur qui a tenté de tirer profit de l’un des noms les plus célèbres de Port-au-Vin, la ville utopique qu’il a lui-même créée, et qui a supplanté en renommée cette autre ville de Port-au-Vin : la bourgeoise Bordeaux.


Bien qu’il ait raccroché sa trompette il y a quelques années et ne joue plus de musique, son lien avec cet art éthéré continue de nourrir son œuvre. Désormais, il ne joue plus de musique, mais la dessine. Et je voudrais vous parler de sa série d'orgues, si évocatrice de musique.


La musique, comme je l'ai dit, est le thème principal de cette série. Mais peut-on vraiment parler de musique ? De tous les arts, la musique n'est-elle pas précisément le plus ineffable ? N'est-elle pas, précisément pour cette raison, plus précise ? Précise de par son imprécision… Quoi de plus puissant que la musique pour nous faire revivre un moment de gloire, enfoui dans notre mémoire ? Une mélodie, quelques notes suspendues dans le temps, sont capables de nous téléporter à travers le temps et l'espace pour nous faire ressentir, revoir, ce à quoi cette mélodie est restée à jamais associée. Les premières notes d'une chanson peuvent nous ramener des années en arrière et nous faire ressentir à nouveau la passion ardente de l'adolescence.


Bien qu'il se soit éloigné de la musique comme sujet, c'est précisément ce que Vincent Marco dépeint : le pouvoir de la musique de nous faire vivre, ou revivre, des moments uniques, magiques, glorieux. Ce que Vincent Marco dépeint, c'est l'extase à laquelle la musique nous donne accès. C'est une chose qui se sent dans les os, dans les fibres les plus intimes. C'est une expérience partagée dans la danse et l'extase de la fête. Une expérience vécue, dansée, entre deux êtres, électrisés par l'amour. C'est quelque chose qui s'atteint dans la solitude, en écoutant avec une telle attention que les notes deviennent couleurs et les mélodies flottent comme des nuées d'hirondelles dans le ciel. Cela paraît incroyable, mais c’est cela que dessineVincent Marco.


Peut-être est-ce pour cette raison, en raison de l'ampleur de son ambition, que Vincent Marco a choisi l'orgue, le roi des instruments. Le plus monumental et pourtant le plus discret. Il faut une cathédrale pour abriter un orgue, et en son sein, l'orgue disparaît, se cache. Il est enfoui dans les murs comme les os dans la chair et les racines dans la terre. Ses tuyaux sont à peine visibles, et pourtant, il dissimule celui qui en joue. Et lorsqu'il résonne, c'est comme si toute la cathédrale respirait, et les soufflets de ses voûtes, tels des côtes, vibraient au rythme de la musique. Vincent Marco trouve la qualité organique de la matière. Dans chaque dessin de la série, on trouve un orgue. Certains sont très explicites, mais la plupart se fondent dans la réalité comme la matière des rêves. Ils constituent une sorte de syllepse qui unit deux mondes. Ils servent à relier la rudesse du monde présent aux rivages tant désirés des rêves, ou de la rêverie poétique.


En ce sens, les orgues de VM sont une métaphore de la manière dont la musique imprègne la matière du réel. La musique est dans le ciel strié d'oiseaux et de nuages ​​; elle est dans les arbres de la forêt, uniques et pourtant semblables ; dans les orgues de basalte qui émergent des profondeurs de l'océan du temps et de la conscience. Ils sont une métaphore de la révélation : la musique est en toute chose ; la musique est tout; tout est musique. Nous touchons le sacré et la révélation du bout des doigts : s'il existe un dieu dans cet univers ou dans d'autres, ce dieu ne peut être que musique. Dieu est musique.


Dans la série des Orgues, ce n'est pas seulement le sujet qui est intéressant. La position, le point de vue, depuis lequel Vincent Marco dessine est tout aussi important, voire plus encore. C'est peut-être moins perceptible dans cette série que dans d'autres, et je vous invite à découvrir le reste de son œuvre, d'une beauté et d'une diversité exquises. Dans cette série, comme je le disais, on perçoit moins cette position d'où Vincent Marco contemple le monde et s'installe pour le dessiner : il dessine depuis la fin du monde. Et surtout depuis l'après-fin du monde. Car la vie continue. C'est cela, la vie. C'est cela, l'art. C'est ce qui ne s'arrête jamais, ce qui ne connaît d'autre but que de continuer. De créer et de continuer. Et c'est ce que Vincent Marco dessine.


Il dessine avec une telle lucidité qu'il nous révèle la beauté qui naîtra des ruines de ce monde. Comment parvient-il à percevoir la poésie qui jaillira des vestiges des cathédrales ? Je crois qu’il y parvient grâce à sa capacité d'observer le monde avec la solitude et la simplicité de celle qui se contente de la beauté, qui sait la trouver en toute chose, qui perçoit la musique de l'air. Il ne faut pas grand-chose. Un peu d'eau, quelques biscuits pour égayer la vie, et de la musique. Surtout, de la musique.


L'œuvre de VM nous convainc que là où se perpétue la vie, il y aura de la musique. Et cette rencontre pure entre les êtres est le lien indéfectible de l'humanité. Il y aura toujours deux amis jouant une chanson. Triste s'il le faut, joyeuse le reste du temps. Toujours émerveillés par l'éclat de la vie. Chaque dessin de VM est une ode à la vie et exprime ce sentiment irrésistible qu'elle procure. Ce sont des dessins qu'on contemple sans cesse, comme des douceurs.


Ne ratez pas l'occasion de vous procurer un exemplaire d'une œuvre originale de Vincent Marco. Chaque planche évoque, avec humour et joie, l'extase de la vie, ces instants précieux que nous vivons et dont la musique est la clé. Vous voilà prévenus !


6 commentaires:

larrieu a dit…

magnifiq bravo est ce que tu pourrais medessiner une tçete de mort pour que je me la tatoue!florent larrieu le négrepie le pot de EVe???

Anonyme a dit…

Wow c'est magnifique. Signé Annebeigbedersollis

Anonyme a dit…

Un beau travail

Vincent Marco a dit…

Merci Florent ! Désolé pour la très tardive réponse, hum. Une tête de mort ? Faut voir !

Vincent Marco a dit…

Merci merci milesker Anne !

Vincent Marco a dit…

Merci pour lui !